La Forêt des Renards Pendus, Arto PAASILINNA

Rafael Juntunen a peur. Il détient un magot important et ses anciens complices vont bientôt sortir de prison et se mettre à réclamer leur part. Seulement voilà, Rafael ne veut plus partager. Une seule solution : la fuite.

Voici résumée en quelques mots l’intrigue de ce roman que j’ai reçu lors du Swap Scandinavie et qui m’a beaucoup plu. Je l’ai savouré, retrouvant des paysages et des noms que j’ai déjà croisé lors de précédentes lectures, et surtout un style qui me paraît propre aux auteurs du nord, clair, sans fioritures, mais en même temps bourré d’humour et très critique sur notre époque.

Mais résumer l’histoire à ces quelques lignes serait dommage. Ce serait oublier de mentionner Cinq-cent-balles le renardeau, le Major Remes et ses poings de taureau imbibés d’alcool, Naska, la plus vieille skolte du monde, ainsi que quelques autres personnages hauts en couleurs.

Ce serait aussi oublier de mentionner ce qui m’a toujours beaucoup touché dans ces univers : le rôle prépondérant joué par la nature. Que l’on parle de la nature-environnement ou de la nature humaine, tout y est.

Merci donc à Diane de m’avoir fait découvrir cet auteur et ces horizons que je ne connaissais pas. Je m’y replongerais avec délice, dès que j’aurais un peu fait le ménage dans ma PAL…

La Forêt des Renards Pendus, Arto PAASILINNA dans Littérature

 

 

 

Arto PAASILINNA, La forêt des renards pendus, folio, 2007, 261 p.


Extrait :

« Ses affaires réglées, le gangster tourna de nouveau le nez de sa voiture vers le pôle. Il prit la route du nord-ouest, vers Kittilä, dépassa à Sirkka et Tepasto de longues colonnes de militaires et arriva enfin à Pulju, un insignifiant village perdu au milieu d’immenses tourbières. Là, il décida d’abandonner sa voiture et de s’enfoncer dans la nature. il hissa le lourd cas d’or sur son dos et partit vers l’ouest.

Pendant un jour et demi, Rafael Juntunen avança titubant sous son chargement, fuyant la civilisation. Plus il s’éloignait dans les solitudes lapones et plus il en était sûr : jamais les griffes avides du meurtrier récidiviste ne l’atteindraient ici.

Enfin, les forces de Rafael Juntunen s’épuisèrent. Il cacha l’or au pied d’une petite crête sablonneuse, au milieu d’un champ de galets de quelques ares, vestige postglaciaire. Il fit rouler de grosses pierres autour d’un creux et enfouit les trois lingots dans l’anfractuosité, après s’être penché sur eux pour baiser ardemment le froid métal précieux.

Fatigué, le gangster alluma une cigarette et constata qu’il était perdu. Mais tant mieux. S’il ne savait pas où il était, personne d’autre ne le saurait. L’or était plus en sûreté que jamais. Il avait été extrait quelque part dans un territoire du nord de l’Australie, et maintenant il était ici. Rafael Juntunen, assis sur les pierres dissimulant les lingots, aspira béatement la fumée de sa cigarette. »

 


6 commentaires

  1. coeurdechene dit :

    Oui, j’ai beaucoup aimé.
    Merci encore pour cet envoi.
    Dès que j’ai fini le second je mets le commentaire en ligne également.

  2. anjelica dit :

    Contente que le choix de ma soeur ait touché son but :)

  3. Flo dit :

    Je viens de finir son dernier : le bestial serviteur du pasteur Huukonnen et j’avoue que je suis un peu déçue.
    J’ajoute celui-là à ma LAL car je n’ai pas envie de « lâcher » un si bon auteur !

  4. coeurdechene dit :

    Salut Flo :)
    Je ne connaissais pas du tout l’auteur, mais j’ai appris cette semaine que l’histoire du Lièvre de Vaatanen portée récemment au cinéma est adaptée d’un de ses romans… Je crois que j’y jetterais un oeil dès que possible ;)

  5. zazimuth dit :

    Je ne connais pas ce titre mais j’avais adoré « Petits suicides entre amis », « La douce empoisonneuse » et « Un homme heureux » du même auteur.

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