La Zone du Dehors, Alain DAMASIO

2084. Loin de la Terre, sur un astéroïde terraformé proche de Saturne, une colonie terrienne vit sous l’emprise d’un pouvoir central extrêmement présent. Voire dictatorial. Contre ce pouvoir, une seule alternative : la rebellion. Mais faut-il rester passif, enfermé dans les discours, ou se battre activement, quitte à faire couler un peu de sang ?

Capt est l’un des chefs de la Volte, un mouvement d’opposition au régime totalitaire en place. Il risque sa vie en essayant d’éveiller les consciences collectives noyées par les informations, vraies ou fausses, que donnent les médias et le gouvernement. Il combat avec toute la force dont il est capable les droits et les prérogatives des Une-Lettre et des Deux-Lettre. Il risque sa vie également en traversant la barrière magnétique qui sépare le monde terraformé, « civilisé » du Dehors, ou ce qui reste de l’astéroïde à l’état sauvage, un endroit d’où l’on peut voir les Anneaux de Saturne de près, et le ciel infini de l’espace. Où la gravité artificielle ne joue plus… Il se bat et risque sa vie pour la liberté…

Malheureusement, je n’ai pas du tout accroché. Si l’auteur n’avais pas été français, j’aurais certainement pu dire que le traducteur est mauvais… mais là, ce n’est pas le cas. Hormis le fait que je ne suis pas un grand amateur de SF, je trouve son sujet trop « banal » et tellement mieux traité par d’autres (Ayerdhal avec ses « Chroniques d’un rêve enclavé » donne une véritable puissance à son mouvement de révolte).

L’univers décrit est à la fois trop poussé et pas assez. Trop dans la description du régime en place (on est pas loin de La Servante Ecarlate de Margaret Atwood) et pas assez dans l’univers tangible proposé. L’action est censé se passer sur un astéroïde près de Saturne, terraformé, pourtant on pourrait se trouver n’importe où sur Terre. Il n’y a pas, ou peu, de spécificités à cet environnement.Enfin, j’ai eu beaucoup de mal à comprendre l’écriture, le style de l’auteur que je trouve erratique. Alternance des points de vue signalés par une flèche en début de paragraphe, mais ce n’est pas clair vu que tout est à la première personne. On passe d’un personnage à l’autre sans s’en apercevoir… heureusement qu’il y a la flèche… Et du sexe partout, une écriture « charnelle et charnue » comme le dit un critique. Des descriptions d’actes qui n’apportent rien à l’histoire, si ce n’est un arrière goût de lecture interdite, dans une chambre d’ado, le soir, à la lampe torche…
Déconstruction grammaticale, néologismes déroutants… bref, une expérience pas top top…

Ceci dit, peut-être qu’à un autre moment, dans quelques temps, je pourrais le reprendre avec plus de plaisir que maintenant. Une expérience de lecture à ceci de bien qu’elle n’est jamais figée et que la rencontre peut toujours se faire… ou pas.

La Zone du Dehors, Alain DAMASIO dans Littérature volte9-2007

 

 

Alain DAMASIO, La Zone du Dehors, La Volte, 2007, 492 p.

 

 


3 commentaires

  1. kali dit :

    Ah mince…
    Je n’ai pas lu ce titre, mais je considère son autre roman, « La horde du Contrevent », comme un petit chef d’oeuvre. J’espère que tu auras l’occasion de le lire et qu’il te plaira davantage que ce premier titre…

  2. coeurdechene dit :

    Bonjour Kali,
    La Horde du Contrevent est un titre qui m’intéresse depuis sa sortie, tant parce que c’est un roman expérimental que parce que toutes les critiques que j’ai entendu sont élogieuses (et puis bon, un Grand Prix de l’Imaginaire ça ne se gagne pas par hasard… ce n’est pas un Goncourt :) )
    J’attend une occasion de mettre la main dessus, mais vu l’étendue de ma PAL ce ne sera pas pour tout de suite :D

  3. Cdrik dit :

    Bonsoir Coeurdechene,
    Venu à toi par le site biblioblog et par ton supposé (par moi-même) intérêt pour la sf fantasy (qui n’est absolument pas mon unique centre d’intérêt à moi non plus), je ne peux que confirmer le post de Kali qui te conseille la lecture de la « Horde du contrevent ».
    Comment dire… Voilà plus de 3 ans que j’ai lu ce roman et à vrai dire, il ne me quitte plus. Quelque chose dans le style, les mots, l’ambiance qu’il instille dans le lecteur, fait que ce livre vit et vivra longtemps.
    Il est à lire (si ce n’est déjà fait-je me rends compte du temps long qui sépare mon commentaire des précédents). Vraiment.
    Et ta critique m’intéresse grandement.
    Au plaisir…
    Cdrik

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