Ecrire un cycle (de Fantasy), selon Eddings

Quel lecteur de Fantasy ne connaît pas le couple Eddings ?
Ils ont signés à eux deux plus d’une trentaine de romans, dont l’un des plus grand cycle du genre : La Belgariade et sa suite La Mallorée.
Et lorsque monsieur se met dans la peau du professeur de littérature, avec l’humour qui le caractérise, ça donne ça…

Voici, selon David Eddings, les dix clés pour créer un « bon »univers, quelque chose qui soit digne de ce nom, quoi. Je vous laisse apprécier.

La  Première décision que doit prendre l’auteur est d’ordre théologique. Le Roi Arthur et Charlemagne étaient chrétiens ; Siegfried et Sigurd le Volsung, païens. Selon moi, les païens donnent naissance à de meilleures histoires. Quand un romancier s’amuse, ça se voit dans son œuvre, et les païens sont beaucoup moins coincés que les chrétiens. Ecartons tout de suite le Dulce et utile d’Horace : nous écrivons pour donner du plaisir aux lecteurs, pas pour leur infliger des leçons de morale. En tête de ma liste figure donc le paganisme. (Vous remarquerez que Tolkien, pourtant catholique fervent, avait fait le même choix.)

Belgariade 1Le Deuxième élément est celui de la Quête. Sans quête, pas d’histoire qui vaille la peine d’être racontée. La quête fournit un prétexte parfait aux héros pour voir du pays et rencontrer de nouvelles têtes. Sinon, ils resteraient chez eux à faire pousser des oignons ou je ne sais quoi, et ça ne serait pas des héros.

Le Troisième élément est celui de l’Objet Magique : le Saint Graal, l’Anneau des Neuf, l’Epée de pouvoir, le Livre Sacré ou (surprise, surprise…) le Joyau. Tout le monde voit de quoi je parle. L’objet magique est généralement, mais pas toujours, le but de la quête.

Le Quatrième élément est « notre héros » : Galaad, Gauvain, Lancelot ou Perceval, par exemple. Galaad est pur, Gauvain loyal, Lancelot champion du monde catégorie poids lourd, et Perceval un peu stupide… au moins au premier abord. J’ai choisi l’optique Perceval parce que je la trouvai plus pratique. Un héros un peu lent d’esprit ne comprend pas ce qui lui arrive. En le lui expliquant, l’auteur l’expose du même coup à ses lecteurs. Un outil littéraire parfait. Pas d’inquiétude, je ne suis pas en train de dévaloriser Garion. Comme Perceval, il est plus innocent que vraiment idiot. On peut même dire qu’il est assez intelligent. Mais comme il a grandi à la campagne, il ne sait pas grand chose du monde. Sa Tante Pol l’a voulu ainsi, et nous savons qu’elle obtient toujours ce qu’elle veut…Elder Gods

L’élément numéro cinq est le Magicien : Merlin ou Gandalf, puissant et coléreux, mystérieux. J’ai un peu détourné les règles en créant Belgarath, et je pense avoir fait le bon choix. Belgarath est un vagabond, un ivrogne crasseux accessoirement capable de pulvériser des montagnes quand ça lui chante. Pour équilibrer les choses, j’ai fait appel à sa fille Polgara, qui désapprouve au plus haut point son comportement. Cet étrange couple présentait à mon avis le mérite de l’originalité.Merlin

Le Sixième élément est « notre héroïne » : en général une blonde évanescente qui passe son temps à soupirer en haut d’une tour. Inutile de dire que j’ai tourné le dos à cette convention. Ce’Nedra est une gamine capricieuse et gâtée, ça ne fait aucun doute, mais aussi une tigresse capable de se battre pour ceux qu’elle aime. Je suis particulièrement fier d’elle.

Le Septième élément est un méchant digne de ce nom. Je crois que Torak correspond à la description et j’ai même réussi à lui donner des motivations crédibles. Milton m’a bien aidé sur ce point. Torak n’est pas exactement Lucifer, mais il s’en approche. Et il a sous la main un grand nombre de sous-fifres pour faire le sale boulot à sa place.
(Ne décrochez pas, j’ai presque fini)

Le Huitième élément est le groupe de compagnons, des seconds rôles issus de cultures variées se chargeant de corriger les méchants jusqu’à ce que le héros soit en mesure de le faire lui-même.

En numéro neuf sur la liste, on trouve les dames de cœur des précédents, qui doivent elles aussi avoir une personnalité marquante.

Mallorée 2Nous arrivons enfin au dixième et dernier point : les rois, reines empereurs, courtisans et bureaucrates qui gouvernent les royaumes de votre univers.

Fin de la liste. Si vous tenez tous ces éléments, vous êtes bien parti pour créer un univers de fantasy. (Et pour gérer une distribution comptant des milliers de personnages.) Devoir écrit, maintenant : <<Rédigez une histoire en trois tomes minimum et douze tomes maximum, puis vendez-la à un éditeur. Vous disposez de vingt ans…>>
sic. ;)

 


3 commentaires

  1. Malka dit :

    Des conseils qui ne manquent pas d’humour mais qui sont également utiles…
    Je prends note.
    Malka

  2. coeurdechene dit :

    Bonjour Malka !
    Bienvenue ici. Tu fais bien de prendre des notes, car le sieur Eddings sait de quoi il parle quand on voit sa production ;)
    De plus, comme tu le relèves, il ne manque pas d’humour et si tu ne connais pas, je ne peux que t’encourager à le découvrir. Bien sûr, il faut aimer la fantasy, mais vu ton site, je pense que ce n’est pas la peine de poser la question :)
    Si d’aventure tu te sers de ses conseils, je serais curieux de lire ce que ça donne. Et si tu reviens dans le coin, n’hésite pas à faire un petit coucou :p
    A bientôt

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