Ecrire avec des images

Et hop, avec un peu de retard cette fois, voici le récit écrit mardi dernier lors de mon atelier d’écriture. Cette fois-ci l’accroche était assez déroutante et les idées ont eu du mal à venir.

Cependant, elles sont venues et bien venues, comme tu pourras le constater ;)
En quoi consistait l’accroche ? Eh bien cette fois notre animateur a sorti un roman de sa sacoche et nous a montré quelques illustrations à l’intérieur. Sans nous dire de quoi il s’agissait. Avec la quinzaine d’images, nous devions arriver à créer un récit. Soit en les intégrant toute, soit en continuant l’action proposée (et donc en imaginant la suite) ou alors en ne se basant que sur quelques unes qui nous ont titillé le neurone…

Personnellement, j’ai choisi d’en intégrer un maximum…
Et juste avant de vous laisser lire le texte, je vous donne quand même les références du livre. Il s’agissait d’un ouvrage jeunesse tout récent : L’Invention de Hugo Cabret de Brian SELZNICK, un auteur américain, édité chez Bayard.
Bonne lecture, et comme toujours, n’hésite pas à me dire ce que tu en penses ;)

 

Poursuite

 

La nuit s’achève à peine, laissant derrière elle, comme un mauvais rêve, traîner une nappe de brouillard.
Une chappe qui plombe la ville dès le matin, empêchant de voir le soleil timide et le ciel clair.
Une nasse humide qui part en volutes tourbillonantes dans le sillage d’une silhouette apeurée.

Il fuit, depuis des heures.
Il y a passé la nuit. Cherchant vainement à échapper à ses poursuivants.
En plus, pas de chance. C’était la pleine lune. On y voyait comme en plein jour. Et malgré sa connaissance de la grande ville, de ses ruelles et de ses recoins, il n’a pas réussi à leur échapper…

Bordel ! Ils y ont passé la nuit à courser ce fichu môme, une vraie gazelle !
Il sait que s’ils l’attrapent, il passera un sale quart d’heure. Ça lui apprendra à s’échapper…
C’est une pensée réconfortante, mais bon, faut quand même le choper !

Trois fois qu’il passe le même carrefour.
Il est fatigué, les jambes en plomb, les yeux en grève. Il voudrait s’arrêter, tout laisser tomber. Faire comme si on était encore hier avec papa et maman.
Impossible.
Ils ne sont pas rentrés hier soir.
A leur place, les deux barbus à casquette ont voulu forcer sa porte.

- Ho gamin ! Fais gaffe !

Juste le temps de faire un saut de côté avant de rentrer dans le vieux qui marchait sur le trottoir.
Un barbu…

Esoufflés, les deux hommes tournent au coin de la rue.
Déserte…
Pas un chat.

- Meoww ?

Euh… hum… oui, bon, personne…
Hein ? Ah ben non, y’a un vieux qui marche tranquillement.Et le gamin qui est déjà loin.

- Eh, mais il nous entraîne vers les halles, ce diable de gosse. A c’t'heure ça va être impossible de le retrouver. Faut se magner !

- T’as raison. Allez !

Les Halles, enfin peut-être une chance de les semer.
L’adolescent se fond dans la foule compacte et reprend un rythme de marche normal pour calmer les battements assourdissants de son coeur.
Les odeurs l’assaillent, le portent de stand en stand faisant grogner son estomac affamé.
Il avance, hésitant sur la conduite à adopter.
Prévenir la police ne servira à rien, il en a la conviction. Il lui faut une cachette.
Un gong retentissant lui fait lever les yeux.
Mais bien sûr !

Le clocheton avec sa grande horloge. C’est un ancien pigeonnier.
Très vite il est à l’intérieur, observant la place à travers les chiffres forgés du cadran.
Et il les voit. Les barbus.
Bon sang, ils sont vraiment tenaces !

Mais là, il se sent en sécurité.

- Il est ici, c’est sûr. L’émetteur indique le centre de la place.

- Oui, mais s’il s’est déshabillé ?

- T’inquiète. Il l’aurait fait depuis longtemps si il y avait pensé, et surtout si il avait su…

- Moi je me méfie. C’est quand même un génie ce gosse.

- Allez, on le récupère et on rentre. Moi, j’en ai ma claque.

Les hommes se séparent et tournent sur la place, se rapprochant petit à petit du pigeonnier, regardant sous les étals.
Un sifflement.
Un regard échangé. Un haussement d’épaule…
Rien.

Tout à coup, un trait de génie…
La Tour de l’Horloge. Il est sûrement dedans.
En quelques signes, ils se sont compris.
Ils investissent la Tour

Le premier monte fouiller les étages tandis que l’autre, en bas, porte la main à sa poche revolver en observant les alentours.
Il sort un téléphone portable et compose un numéro.

- C’est bon… oui… la voiture, vite… aux Halles… 5 minutes.

Il raccroche et prête l’oreille aux bruits provenant du noir relatif de l’escalier.

Il a entendu la porte grincer en bas. Il a compris.
Plus la peine de fuir. C’est fini.
Il attend sereinement que l’un des barbus monte le retrouver.
Il l’entend peiner dans l’escalier.
Il ne peut cenpendant pas s’empêcher de crier lorsqu’il voit l’homme apparaître :

- Je veux voir mes parents !

- Mais enfin, vous savez bien qu’ils sont en voyage pour encore une semaine, marmonne le barbu désemparé.

- Je m’en fiche. Je VEUX les voir !

- Je vous en prie, jeune maître. Rentrons… Vous pourrez les contacter ensuite. De la résidence…

- Ah, bien. Dans ce cas, je vous suis. Allons !

Les deux hommes ressortent avec l’adolescent et tandis qu’ils l’escortent vers la voiture banalisée, une même pensée les unit :
Sale gosse de riche !

 


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