Largo Winch, Jérôme SALLE

Le milliardaire Nerio Winch est retrouvé noyé.Une mort forcément suspecte quand on sait qu’il s’agit du fondateur et principal actionnaire du puissant et tentaculaire Groupe W.
Qui va hériter de cet empire économique ?

Officiellement Nerio n’avait pas de famille.Mais il cachait un secret :un fils,Largo,adopté presque trente ans plus tôt dans un orphelinat bosniaque. Seul problème,ce jeune héritier vient d’être jeté dans une prison du fin fond de l’Amazonie. Accusé de trafic de drogue,il clame son innocence. Nerio assassiné. Largo emprisonné. Et si ces deux affaires faisaient partie d’un seul et même complot visant à prendre le contrôle de l’empire Winch ?Largo Winch

Je le dis et l’annonce tout de suite, je ne connais la BD que de nom et n’en ai jamais ouvert une. Pour cause, ça parle de finances et de droit, et ça, c’est un vocabulaire et un monde qui me passe des lieues au dessus de la tête… Jusqu’à ce que j’aille avec une bande d’amis voir ce film. Et là, scotché au siège.

J’ai découvert un personnage aventureux et aventurier, qui n’a pas froid aux yeux et manie l’humour aussi sûrement que sa carte de paiement Gold… Je me suis fait happer par l’histoire et maintenant il va falloir absolument que je lise les BD… Ah la la, pourquoi n’y a-t-il que 24h dans une journée ?

Pour être un peu plus précis sur le film :
Comme je le disais plus haut, je n’ai pas encore lu les BD (et n’ayant pas de télé, je n’ai pas vu les dessins animés ou la série qui ont été tiré de l’histoire, chose que j’ai appris tout récemment aussi). Donc je n’ai pas d’influences extérieures hormis ma propre répulsion à tout ce qui touche l’aspect économique et le langage très sectaire employé dans le monde de la finance. Pourtant, ce film est particulier.

20071002fig000000197194451.jpgDéjà parcequ’il m’a intéressé…
Ensuite parce que l’histoire est traitée dans l’optique d’un film d’action mais pas dans la tradition hollywoodienne où l’on ressort de la salle plein encore d’adrénaline prêt à se friter au premier type qui vous regarde un peu trop longtemps. Non, c’est une action savamment dosée, avec des moments intimistes où l’on replonge dans l’enfance de Largo, le héros, qui apportent une réelle profondeur au personnage. Personnage d’ailleurs très bien incarné par l’acteur humoriste Tomer Sisley (que je ne connaissais pas non plus. Je sais, faudrait que je sorte plus souvent… Mais allez dire ça à mon banquier, déjà que quand je vais lui dire combien de volumes compte la série en BD… :p )

En plus, et ceux qui me connaissent savent que ce n’est pas une remarque en l’air, pour un film français, c’est vraiment une belle réalisation. Un réalisateur a enfin dépassé le stade de l’humour potache qui ne fait rire que nous (et encore faut-il avoir laissé son cerveau au vestiaire, sinon on risquerait de comprendre qu’on s’est fait avoir vu le prix de la place) pour pondre un film qui a une histoire qui vole plus haut que le gazon (maudit ou pas) et qui ne recycle pas à tour de bras les acteurs de la troupe du Splendid… Rien que pour ça, j’applaudis !

Ensuite, côté réalisation, le film est tout en nuances, alternant comme je le disais plus haut les moments d’actions très rapides avec de longues pauses intimistes (parfois très… intimes) et c’est très bien géré. On alterne également les paysages. Du port de Hong Kong, où le Groupe W a son siège, à une prison d’amérique du sud, puis en France, Croatie, Italie… En réalité le tournage s’est déplacé à travers le monde : Nous avons tourné pendant 86 jours, du 20 août 2007 au 15 janvier 2008. Nous avons filmé à Malte, en Sicile, à Hong Kong, à Macao et en France pour quelques intérieurs en studio. Pour finir sur un résultat assez impressionnant devant l’enchaînement des scènes et la logique de l’histoire qui se déroule sous nos yeux.

largowinchnews.jpg

La partition a été confiée à Alexandre Desplats, un compositeur français dont j’avais déjà croisé le nom mais sans pouvoir l’associer à un film. Ce qui est maintenant chose faite en relisant sa filmographie. Il a contribué à la BO de l’adaptation de A la Croisée des Mondes de Pullman, entre autre, et a signé la partition de films moins fantastiques comme De battre mon coeur s’est arrêté de Jacques Audiard, Nid de Guêpes et Otages de Florent-Emilio Siri…
Ici il développe une musique qui soutient l’action mais qui a accroché mon oreille surtout lors des moments plus doux, les souvenirs de Largo ou ses passages en Croatie où tout à coup l’instrumental se change en vocal et les chants qui composent ces moments ont retenu toute mon attention. J’ai apporté une tendance balkanique puisque Largo est d’origine bosniaque. Là encore, je ne souhaitais pas appuyer un exotisme facile, mais évoquer une ambiance explique le compositeur. Et de mon point de vue, il s’en est magistralement sorti. Il rapporte également que Largo Winch a une grande part d’enfance. Son passé est très important et le suit partout. Il s’est construit à la fois sur ses origines balkaniques et sur le rejet de son statut. Son enfance est très heureuse et les chocs qu’il devra affronter pendant son parcours le rendront à nouveau orphelin.  D’où l’intérêt d’une musique qui suit son parcours de très prêt, restant à son tour en phase avec le développement du personnage et son rayonnement international. Tomer Sisley

Pour conclure, un film que j’ai fortement aimé et qui va me pousser à plonger plus avant dans cet univers, pour tenter par la BD d’appréhender le personnage que j’ai découvert ici, et peut-être comprendre quelques subtilités du film qui m’auront échappé. Je n’ai qu’un bémol à soulever : je ne sais si c’est dû à la qualité de la copie projetée ou à un souci avec le matériel, mais j’ai été beaucoup dérangé par des problèmes de saute de plan. Ce ne sont pas des problèmes de raccords image, du moins me semble-t-il. En tout cas, c’est passablement énervant.
Je briguerai néanmoins très volontier le DVD à sa sortie… A moins que quelqu’un se précipite pour me l’offrir :D

 


2 commentaires

  1. cOrti dit :

    Salut l’ami ! Effectivement, une belle réussite ce film ! Ca m’a moi aussi donné envie de me replonger dans les BDs. Avec ce film ils ont su garder l’esprit et la trame de la BD sans conserver l’histoire à l’identique, du coup on est surpris, on est ému, on est charmé ! Un film à voir sans hésitation !

    A bientôt !

  2. coeurdechene dit :

    Hey, content de t’accueillir ici !
    Merci d’appuyer mon impression. En même temps, on s’est quand même bien amusés ;)
    Je te dirais ce qu’il en est avec la BD… dès que j’aurais trouvé quelques minutes pour la bouquiner dans les rayons. C’est pas encore prévu que je me l’achète :)

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