Brèves de comptoir

Voici un moment que je n’ai pas mis les textes écrits dernièrement.
Suite à une consigne pour la soirée de Noël avec l’atelier d’écriture et au dernier, qui le prolonge dans la thématique, voici le bonus de début d’année : Deux textes pour le prix d’un !

Le premier, intitulé Le Renne Margot a été écrit pour être lu lors de la soirée de fin d’année de l’atelier auquel je participe. La consigne le concernant était d’imaginer un reportage pouvant paraître dans La Gazette du Pôle Nord. Je vous laisse juge. Le second texte sera expliqué à la suite.

Le Renne Margot

Dans notre rubrique La Vie des Bêtes, notre envoyé spécial nous parle d’un troupeau de Rennes qu’il a pu suivre durant quelques semaines au nord du Groenland.

 

Il fait nuit, comme toujours en cette période. Le soleil ne réapparaîtra que dans plusieurs mois, en attendant les températures avoisinent le – 40° quotidiennement.

Voici déjà trois jours que je suis sur les traces d’un troupeau de rennes. Ici, les populations locales ont commencé à les apprivoiser, suivant le modèle suédois déjà bien établi. Jusqu’à présent, l’animal était chassé pour sa peau, sa viande, ses os. Bref, comme pour le cochon, dans le renne, tout est bon. Le groupe que je suis est l’un des rares encore sauvage à errer dans les étendues glacées. Il suit le mâle dominant.

Une semaine a passé.

J’ai eu une belle frayeur il y a quelques jours car j’ai été repéré. Mais étrangement, alors que je m’attendais à être chargé par les mâles protégeant les femelles en gestation, il n’en a rien été. Et aussi bizarre que cela puisse paraître, j’ai l’impression d’avoir été en parti intégré au groupe. Loin de moi l’idée de m’en plaindre. Au contraire, je peux ainsi être aux première loges pour suivre la vie de ces animaux fabuleux.

Les petits de l’année précédente se sont pris d’affection pour moi. Il y en a un particulièrement hardi que j’ai repéré parmi les autres car il porte une étrange marque sur le front. Elle me rappelle quelque chose mais je suis incapable de remettre le doigt dessus. Tant pis, ça viendra bien en temps voulu. J’ai baptisé ce renne Margot.

Le rythme du troupeau est lent. Nous nous dirigeons toujours plus vers le nord et je pense que bientôt nous arriverons en vue de l’Océan Arctique et des îles du Cercle Polaire.

Ma-Renne et Pa-Renne, les parents de Margot, m’ont adopté. Tandis qu’ils broutent allègrement les rares herbes à leur portée et se délectent de quelques lichens, je chasse des lièvres arctiques, du moins j’essaye, et dois plus souvent qu’à mon tour me rabattre sur de la viande salée et le peu de provisions qu’il me reste de mon passage au camp de base Inuit. Je pense que bientôt, je devrais aussi me mettre au lichen…

Margot s’est découvert tout récemment un camarade de jeux. K-Renne m’a l’air d’être né il y a deux ans, il est un peu plus grand que Margot et ses poils sont plus épais. Ses bois commencent à poindre. D’ailleurs, hormis les plus jeunes du groupe, tous portent la parure fièrement.

Je commence à repérer les différents rôles que chacun tient dans la communauté. Tu-Renne, le chef, est apprécié de tous. Il est sage et intelligent. Lorsqu’il hésite, il se tourne vers Its-Renningmen, le soigneur. J’ai l’impression que son avis compte beaucoup. Il y a aussi Lesët-Renne, le gestionnaire, qui aide à choisir les bons coins pour passer quelques jours et surtout qui fait attention à ce que les jeunes ne mangent pas trop de lichen, c’est tellement long à repousser par la suite.

Notre arrivée sur la côte fut un éblouissement total. La glace s’étendait à perte de vue et sans quelques trous utilisés par les phoques, je ne me serais pas douté que nous venions de quitter le sol danois. La banquise s’ouvrait devant nous, et je ne pus m’empêcher de penser qu’à seulement quelques centaine de miles se trouvait le Pôle Nord et que je n’en avais jamais été aussi prêt.

Depuis, nous marchons vers les îles du Cercle Polaire. Je n’arrive pas à comprendre où nous allons. Perdu dans mes pensées, je mets un moment à comprendre que nous nous sommes arrêtés. L’endroit est dégagé, il n’y a rien à manger. Et pourtant, tous les rennes se sont regroupés là et attendent un événement que je ne devine pas. Ils ne font aucun bruit et même les plus jeunes semblent comprendre que l’instant est solennel.

Etrangement, j’ai l’impression qu’ils sont tous au Garde-à-vous. Alignés comme à la parade. C’est au moment où je me fais cette réflexion que j’entends le bruit… Un vrombissement incongru dans un endroit aussi silencieux. Qui semble se rapprocher. Je m’inquiète, mais comme aucun de mes amis ne bouge je reste à ma place. Quelques instant plus tard et avec un ensemble parfait, nous levons tous les yeux au ciel. Un objet le traversait dans notre direction, semble ralentir puis amorce une descente jusqu’à se poser à quelques mètres.

J’avais reconnu la chose, mais n’en croyais toujours pas mes yeux. Devant moi, un équipage de rennes en armure rutilante tire un char Dassault d’où descend un bonhomme barbu à l’air jovial. Je rêve… Le Père Noël !

Je rencontre le Père Noël !!!

Naturel, il s’avance vers notre groupe, flatte quelques jeunes de la main, adresse un mot à chacun et s’attarde particulièrement sur Margot. Il enlève un gant et passe sa main nue sur la marque que j’avais repéré. Elle se met à briller doucement, puis de plus en plus fort jusqu’à entourer l’animal d’un halo doré. Un sourire satisfait aux lèvres, il s’écarte et je peux observer qu’en quelques instants Margot a pris sa taille adulte, ses bois ont poussé et sont rouge vif. La marque du Père Noël sur son crâne est toujours là, palpitant d’une vie propre. Je crois alors comprendre que Margot serait en réalité l’avatar du Père Noël, une sorte de meneur particulier pour le troupeau.

Ceci fait, le gros homme se tourne vers moi qui n’en reviens toujours pas. Machinalement je sers la main qu’il me tend. En peu de mots, il m’explique qu’il recrute les Rennes des environs pour contrer les attaques des Ours qui se font de plus en plus pressantes.

- Le Pôle Nord est en guerre, me dit-il, et ce juste avant Noël. Vraiment, nous n’avions pas besoin de ça. Ce renne, que vous appelez Margot, est né pour les mener à la bataille finale. Mais toutes les bonnes volontés sont accueillies à bras ouverts. Et si vous voulez vous joindre à nous…

Là, c’est le pompon !

Le Père Noël qui me demande de venir faire la guerre avec lui et ses troupes de Rennes contre les gangs d’Ours Polaires !

Peut-être aurais-je accepté.
Peut-être. Dans une autre vie.
Une vie où je n’ai pas un article à rendre pour la veille dès que je pars en voyage, une vie libérée d’attaches familiales.
Une vie où je croirais encore au Père Noël.

 

Le deuxième texte, intitulé Brèves de Comptoir n’était à la base pas écrit dans l’optique de Noël, mais il s’avère qu’avec la consigne, je me suis retrouvé dans ce cadre, alors pourquoi pas…
Il s’agissait ici d’écrire un texte en citant tout ou partie d’objets que chacun des participants a sorti de sa poche. A raison d’un chacun, il y avait huit objets sur la table : une clef USB, une figurine de Nain en plomb (mon objet), un mouchoir, un passeport, du L52 (médicament état grippal), un taille crayon, un bon d’achat Botanic et une lampe porte-clé.
En plus de ça, nous avions chacun un adjectif à associer uniquement à notre objet. Le mien était Ecarlate. Je vous laisse donc découvrir, et j’espère apprécier, ce petit texte.

Brève de comptoir

  • Holà ! Tavernier !

  • Eh bien me voilaaaa… Qu’est-ce que j’vous sers ?

  • Ben un tonnelet de bière, tiens !

  • Dure journée ?

  • M’en parlez pas ! Une horreur, une abomination, une catastrophe nationale !!!

  • Hé bé, hé bé… Calmez vous, voyons.

L’auberge de la Truie qui grogne est le lieu de rencontre des amateurs de boissons fines, d’ambiances conviviales et sert accessoirement de cabinet de consultation.
Chacun en ville sait qu’il peut compter sur la compréhension du tenancier.
Bertrand, le tavernier, sort un mouchoir d’une des nombreuses poches de son tablier et le tend au Nain dont la figure, déjà écarlate, prend une teinte violette alors qu’il s’échauffe. De grosses gouttes perlent à son front.

  • ça a commencé ce matin.

  • Quoi ?

  • Bé, mes problèmes, té ! Je me suis rendu à ma banque pour retirer quelques kilos d’or, histoire de voir venir. C’est bientôt les soldes et ma naine, mon étoile rouge, mon soleil, mon astre, mon…

  • Oui, bon, alors ?

  • Eh bé elle voulait un peu d’argent de poche pour aller faire du shoppingue.

  • Ah.

  • Eh oui. Donc arrivé à la banque, je m’aperçois que j’ai oublié l’essentiel.

  • Et quoi donc ?

  • Mon passeport, pour l’identité. Et la clef du coffre.

  • Ah, ils ont des clefs, les coffres ?

  • Oui, de grosses clefs marquées USB dessus.

  • USB ?

  • Eh ben, oui, vous sortez jamais, vous, hein ? La Banque de l’Union Syndicale… Mais ils prononcent ça en elfique, alors ça fait Union Syndicalist Bank ou quelque chose comme ça… J’ai jamais été doué pour les langues mortes.

  • … Mouais… Et alors, vous êtes retourné chez vous ?

  • Eh, il a bien fallu. C’est que ma naine est championne du lancer de rouleau à pâtisserie, alors ‘vaut mieux faire ce qu’elle veut. Vous connaissez le proverbe : « Ce que Naine veut, Naine l’a ! ». J’ai donc fait l’aller-retour.

  • Ben dites donc, elle m’a l’air ben dangereuse vot’ dame.

  • Oh oui. A la voir face à troll, c’est le troll que je plaindrai…

  • Et… et une fois dans la banque ?

  • Oh, ils ont des systèmes là-bas ! M’ont fait passer par tout un tas de couloirs avant d’arriver au coffre. Zone L 52 que c’était.

  • Ah, juste après la Zone 51…

  • Hein ?

  • Non, rien. Ensuite ?

  • Bé j’ai ouvert une grande porte avé ma clef. Très marrante. Elle s’est repliée sur elle-même, comme un taille-crayon.

  • Vous voulez dire un accordéon ?

  • Hein ?

  • Non, rien. Continuez.

  • J’ai pris mon or et je suis parti.

  • C’est tout ? Eh ben j’vois pas c’qui vous met dans c’t'état alors.

  • Ah, mais c’est après. Quand je suis ressorti.

  • Ah ?

  • Je suis passé faire des courses, vous savez, pour ma naine… Enfin, vous savez c’que c’est.

  • Oh oui… Lait, beurre, sucre, ce genre de choses…

  • Euh, non. Elle voulait du fil barbelé, une lampe d’un nouveau modèle, un casque, du suif, un fusil pour aiguiser son rouleau à pâtisserie et quelques autres bricoles.

  • Ah… hé hé hé (à part : Oh mon dieu…)

  • Hein ?

  • Après ?

  • Eh ben le souci, c’est quand je suis allé faire mes courses.

  • Ouiiii ?

  • Je suis passé devant un stand où ça sentait le sapin.

  • Oui, celui des elfes.

  • C’est ça. Ils faisaient des promos. Pour un sapin acheté, on recevait un bon d’achat.

  • Eh oui, c’est bougrement intéressant. Euh, je vois toujours pas le problème.

  • Vous voyez pas le problème ? Ah ! VOUS VOYEZ PAS LE PROBLEME ? VOUS ETES AVEUGLE !!!

  • Euh, non… j’vois vraiment pas…

  • Mais, il y a que c’est la crise, ça y est.

  • La crise ?

  • Eh oui ! La crise économique, financière, monétaire, aurifère. La Crise !

  • Mais qu’est-ce qui vous fait dire ça ?

  • Alors, des elfes qui sortent de leur bois, qui le débite en petit bout et le vende sur le marché pour Noël, c’est pas la crise, pour vous ?

  • Ah, c’est sûr que vous sous cet angle…

  • Mais, là où l’économie va mal, là où le monde se casse la gueule, c’est que leurs haches, c’est pas à des nains qu’ils les achètent. C’est pas à des Nains… C’est à un troll. De l’ouest. Le pire concurrent que nous ayions.

  • Non ?

  • Si.

  • Lui ?

  • Oui… Arnold Blackédekker.

 

A la bonne vôtre, et à très bientôt !  emoticone

 


Un commentaire

  1. trolls 2 oh my god remix dit :

    Hey hey j’ai atterrit sur ce topic. mais le hasard fait bien les choses c’est à peu pres ce que je voulais savoir l’autre jour. les esprits se rencontrent bonne continuation !

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