De plume et de vin – part 1

En cette période de fêtes, je me dit qu’il serait de bon ton que j’actualise un peu mon blog. Et j’en profite pour sortir des textes écrits en juin dernier, alors qu’il faisait beau et chaud…

… et que notre atelier d’écriture était réuni chez une sympathisante oenologue qui nous a fait goûter quelques vins. Bien sûr, nous avons fortement appréciés. Tellement, d’ailleurs, que nous avons joué avec. Et le principe est très simple : à chaque vin nouveau (quatre en tout) nous avons pris le temps d’écrire un texte sur ce qu’il nous inspirait. Avec une contrainte supplémentaire. Ici, nous dégustâmes donc un Côtes du Rhônes blanc, dit « Des Mirans ». Et nous devions inclure dans notre texte le terme « cotillon ».
Je vous laisse déguster :)

 

Mise en bouche

 

Depuis la veille au soir, le domaine bruisse de l’activité soutenue des convives.
La cour s’est installée et entend maintenir son faste, bien qu’éloignée de la capitale.

Après les rafaîchissements d’usage, le souper avait été frugale. Les hôtes étaient fatigués par le voyage et la chaleur étouffante d’un mois de mai annonçant un été caniculaire.

La journée s’était écoulée lentement, autour des bassins à la fraîcheur apaisante. Les dames jouaient admirablement de l’éventail, tant pour s’aérer que pour commenter, médire et chiffoner. Art dans lequel elles excellent.

Entourant Monsieur, les hommes étaient partis à la découverte de sous-bois jouxtant le domaine, parlant stratégie, commentant la retraite espagnole, évoquant tel cardinal en disgrâce ou les intérêts de la couronne dans le Piémont. Pour sûr, la Provence restait un problème. Une épine sur la tige du lys. Une tâche d’ombre sur le Soleil.
Mais un problème après l’autre.

Dans le déclin du jour, les chandelles avaient été allumées et à présent le domaine illumine de tous ses feux la nuit.

La musique de Lully est un contrepoint charmant aux discussions. Quelques nobliaux de la région souhaitant se faire remarquer improvisent un quadrille que Monsieur applaudit de bon coeur.

C’est le moment que choisit le premier échanson pour tendre un verre à ballon de Murano emplit d’un liquide aux reflets dorés dans lesquels on a plongé une olive verte. Monsieur, intrigué, saisit la coupe de sa main gantée de blanc et fait tourner le liquide afin d’en apprécier toute la saveur tandis que le premier échanson recule avec une courbette.

Monsieur trempe les lèvres. Un regard interrogateur.

Avec une pique, il retire l’olive, l’égoutte. Trempe à nouveau ses lèvres. Puis fait signe d’approcher par-dessus son épaule.
- Qu’est-ce ?
- Une nouveauté, Sire. Un vin des côtes du Rhône, proche d’ici.
- Un côte du Rhône blanc ?
- Oui Sire.
- Appréciable… Son nom ?
- Les Mirans, Sire.
- Côte du Rhône des Mirans, répète-t-il pensivement. Il jette un regard à l’olive, puis, en haussant le ton afin d’être entendu : Et ceci ? C’est un cotillon ?

Le bon mot fit la joie des convives de la soirée.

 


2 commentaires

  1. kali dit :

    Je profite de ce billet pour te souhaiter une bonne année, cher Coeurdechêne! Bonnes lectures!

  2. coeurdechene dit :

    Un grand merci à toi, Kali :)
    Et tout de bon de ton côté également pour cette nouvelle année !

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