Rien que l’acier (Terre de Héros 1) – Richard MORGAN

Dix ans plus tôt, l’alliance des hommes et des Kiriaths a repoussé l’invasion des Ecailleux. Aujourd’hui, le monde tente d’oublier cette époque sombre et les héros d’hier sont devenus des exclus anonymes. Mais le monde change, et les ennemis sont toujours à la porte…

Il y a trois noms a retenir :
Ringil, ancien capitaine aux moeurs inavouables qui vit en exil jusqu’à ce que la disparition de sa cousine le fasse revenir au domaine familial.
Dame Archeth, dernière représentante du peuple Kiriath, devenue conseillère d’un empereur décadent qui la manipule comme un pion.
Egar, le Tueur de Dragons, un nomade des steppes à la tête de son clan depuis la mort de son père. Revenu de la guerre auréolé de triomphe, sa vie dissolue ne lui attire à présent que mépris.
Tous trois n’ont plus rien à perdre. Et le destin qui a un sens de l’humour plutôt approximatif, fait reposer le destin du monde sur leurs épaules.

 

Détenteur du Prix Philip K. Dick, Richard Morgan est une étoile montante de la Littérature de l’Imaginaire aux States. Avec ce premier roman dans un univers fantasy, il peint un monde sombre, sans concessions, d’où l’espoir est banni et qui ne survit que grâce à l’oubli. Les trois héros qu’il présente sont de la race de ceux qui n’oublient pas mais continuent à vivre avec le poids du passé, jusqu’à en être terrassé.

D’ailleurs, les trois personnages sont torturés par leurs vies. Entre Ringil qui aime les hommes et Archeth qui ne dédaigne pas les femmes, il y a déjà deux exclus de la société, dans un monde où l’homosexualité tient du vice autant que du sacrilège. Egar le coureur de jupons n’est pas en reste. Du coup, le roman est teinté de sexe et de sang. C’est de la fantasy pour adulte qui s’assume pleinement.
Trop parfois, car l’auteur prend un malin plaisir à donner moults détails sur les ébats des personnages alors que bien souvent une évocation aurait suffit. L’histoire en pâtit, s’en trouve ralentie, et le lecteur s’embrouille dans les multiples conquêtes des uns et des autres. A mi-chemin entre le récit voyeuriste / porno et le roman d’aventures, le choix n’a pas été fait et c’est bien dommage.

En ce qui concerne l’univers lui-même, malgrés une carte en début d’ouvrage, on n’arrive guère à apprécier la géographie et le monde. Si le côté aventureux est bien dépeint et les actions très bien transcrites, il manque une certaine précision dans la description des lieux et tous ne sont pas mentionnés sur la carte, du coup elle n’a que peu d’utilité. L’auteur ouvre les portes d’un monde complexe et étrange mais ne nous donne pas toutes les clés pour décoder cet univers. Si plusieurs fois un rapprochement avec Dark Moon, l’excellent one-shot de David Gemmell, s’est imposé tant dans les descriptions de lieux que dans l’ambiance générale du roman (pensez donc : un monde dévasté qui se remet avec peine d’une guerre contre des ennemis disparus mais qui réapparaissent aux portes sans que personne s’en aperçoive et menacent à nouveau tout l’équilibre), celui-ci ne tient pas la comparaison et n’est en définitive qu’une pâle copie en trois volumes (annoncés) pour le plaisir de mettre du sexe à toutes les pages.

Bref, ça se lit, quand même. Mais il ne faut pas crier au miracle. C’est noir, c’est sanglant, de la dark fantasy comme on pourrait aimer en lire si l’auteur avait laissé moins de zones d’ombres et était plus précis dans son univers. Le tout reste trop flou et on finit le roman en espérant au moins un semblant de dénouement, mais le tout est repoussé aux calendes et le roman se clôt sur le début de l’action. Il faut donc attendre le deuxième volume pour se faire une idée plus précise du tout, et éventuellement revoir l’opinion sur ce premier volume.

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Richard MORGAN, Terre de Héros tome 1 : Rien que l’Acier, Bragelonne, 453 pages.

 


2 commentaires

  1. phooka dit :

    Merci de ton avis, je me demandais ce que valait ce livre.

  2. coeurdechene dit :

    Je t’en prie :)
    Mon avis vaut pour ce que c’est. Mais je pense que ça dépend ce que l’on veut trouver dans le roman. Je m’attendais à de l’Heroïc Fantasy, plus orientée Gemmell. Et là je me retrouve avec de la Dark Fantasy bizarre. Je pense qu’il faut quand même tenter l’expérience.

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